Ephémérides

Photo @ Anne Colombini
(62017)

 

* En rassemblant tous les mots inutiles que j’ai pu dire et écrire, j’aurais eu de quoi dresser une cathédrale à la gloire de rien.
* Le mot lucidité est indéfinissable par un con. BJL
***

Ephémérides dans A la santé du feu et à la flamme

 

Je vous ai tout donné, je rentre nue chez moi
sans aucun testament, sans aucun héritage,
tous mes éclats de rire et mes larmes – perdus –
tous mes mots chuchotés, mes applaudissements,
je vous ai tout offert et je n’ai rien gardé
tout était en partage, les lits de tous mes rêves
fantômes et fantasmes, petits noms caressés
qui allumaient les flammes de feux qui me noyaient,
j’ai vécu à l’écart des ors et des soleils
filants ou défilants et des étoiles noires,
j’ai fouillé bien des poches, j’ai cherché où pouvaient
se blottir, se nicher tous ces habits d’espoir,
je rentre nue chez moi, je scrute le soleil
qui a brûlé ma peau sans jamais la chauffer,
sans jamais étancher la soif qui habite
mes miroirs de désirs, mais la forêt entrouvre
affamée ses ténèbres dans la langue des vagues,
souvenirs emportés traversés sans garder
tout au bout de la nuit, tout au bout de la vie,
les ailes du désir dans le marc de café,
les boules de cristal, les pendules endormis,
ombres de mon enfance vieillies mais flamboyantes.
(Mes habits du silence, © Peigneurs de comètes, 2018)

Annie Van de Vyver

 dans Poésie et mystique

 

 

 

 

 

 

 

L’OR
La mélancolie : quelques grammes d’or au fond des yeux.
Aimer c’est cela : chercher l’or dans le regard de l’autre. Trouver l’or de l’autre, et lui offrir le sien. Se consoler par échange aurifère.
B.J. Lherbier
Comme pierres précieuses brillent dans toutes les nuits, suspendus, prêts à se briser, aux portes du dicible, aux portes du silence.
Et rien n’est promesse entre le dicible qui équivaut à mentir
tout ce que l’on peut dire est mensonge
le reste est silence (…)
Alejandra Pizarnik

 

Les poèmes poussent,
des étoiles,
des roses,
Et de la beauté
― inutiles pour la vie familiale.
Quant aux couronnes
et aux apothéoses ―
Une seule réponse
― d’où cela me vient-il ?
Nous dormons ―
et puis, au travers des dalles de pierre,
L’hôte céleste
avec ses quatre pétales.
Ô monde, comprends !
Le chantre ― dans son sommeil ―
Découvre les lois de l’étoile
et la formule de la fleur ―.
14 août 1918
Marina Tsvétaïeva- L’Offense lyrique et autres poèmes

 

Votre absence éphémère, ces instants où les dieux ont oublié vos pas, de passage en passage et puis de terre en ciel surtout n’emportez rien car tout tient dans l’intime, magnifique et immense espace de votre âme.
Annie Van de Vyver, « Mes habits du silence ».

 

Nous sommes riches de notre seule misère
De ces soleils fondus dans nos yeux
Tant de siècles passés à se taire
A comparer sans fin nos dieux
Nos morales et nos sangs
Nos étrangetés de passants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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